Nous vous souhaitons la bonne journée


Bienvenue, welcome, willkommen, à toi qui vient d’atterrir (quand on dit atterrir, c’est une image, c’est impossible sinon…) par hasard, ou non, sur notre blog !

Ce blog est écrit par nous, deux adorables filles : Margaux et Emilie (on te fait un coucou chaleureux de la main là) et nous avons décidé de le dédier à notre dada : la lecture !

Chaque semaine, en alternance, nous publierons, l’une ou l’autre, un article sur un livre que nous avons lu. En faisant une critique perso sur ce livre, nous espérons t’aider, voire te conseiller dans tes prochaines lectures.

Parallèlement à la lecture, nous te ferons aussi partager nos coups de cœur cinématographiques, musicaux, théâtraux…

Si tu as des idées, des choses à nous faire partager n’hésite surtout pas à nous les laisser en commentaires.

Bonne lecture (pour ta prochaine lecture) et bonne visite !

Nous vous souhaitons la bonne journée !


dimanche 30 août 2015

Lecture n°13

Le Quatrième mur de Sorj Chalandon publié aux éditions 

Résumé
L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé.
Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne...

Et maintenant, vous l'attendez tous... Mon avis ! (Ah, on me signale dans l'oreillette que vous vous s'en fichez pas mal, tant pis je le poste quand même !) 

Tout d'abord, je voudrais préciser que j'ai pris ce livre au hasard dans le rayonnage bien qu'il ait été mis en valeur par le magasin et que c'est parce que j'ai vu le mot théâtre au dos que je l'ai acheté. 

Ce théâtre justement dont il est question, et la pièce Antigone de Jean Anouilh, ne sont en fait que des prétextes pour l'auteur afin de mettre en lumière les sentiments des hommes en général par l'intermédiaire de ses personnages.

L'histoire commence à Tripoli au Liban le jeudi 27 octobre 1983 et se fini ce même jour. Or, entre le premier et le dernier chapitre s'enchaînent des morceaux de vie. Dès le deuxième chapitre, nous reprenons l'histoire des années en arrière pour comprendre comment et pourquoi le personnage principal, Georges, se retrouve dans cette situation. Au début du roman, il est un étudiant engagé, idéaliste, il appartient à la génération de mai 68 et à l'impression de mener de justes combats. Il rencontre Samuel Akounis, cet homme va changer sans le vouloir sa vison du monde et en devenant un homme accompli, un époux et un père aimant, féru d'histoire et de théâtre, il va petit à petit prendre conscience de la cruauté du monde. Après la beauté, c'est la mort qui l'approche. Lui qui est chrétien, baptisé mais qui ne va plus à la messe depuis va se retrouver au cœur d'une contrée où s'affrontent musulmans, chrétiens et juifs sans relâche : Beyrouth.
Lorsque l'on fini le livre qui parfois nous a fait pleurer, nous a écœuré, nous a apaisé, nous a effrayé, nous a fait sourire, l'on se pose une question : Pourquoi l'homme fait-il la guerre ? L'auteur veut nous amener à déceler sa réponse à travers l'ouvrage. Dans l'intrigue se mêlent la raison, les sentiments, les émotions, les pensées philosophiques, révolutionnaires, religieuses. Elle nous pousse à nous interroger sur ce à quoi sert le théâtre, l'art, les combats, les convictions...
L'écriture de l'auteur est assez contemporaine et c'est un plaisir de le lire, les phrases sont fluides, lourdes de sens parfois non-verbales mais cela ne met que d'avantage en valeur les émotions par lesquelles sont traversés les personnages. Personnellement j'ai eu l'impression que ce livre était écrit comme un scénario et je pense qu'il ferait un très bon film ! 

Conclusion : Courez acheter cette petite merveille ! 

samedi 2 mai 2015

Lecture n°12

Respire d’Anne-Sophie Brasme publié aux éditions livre de poche.

Résumé 

Charlène est une enfant comme les autres, qui vit sans trop se poser de questions, prend ce qu’on lui donne et ne demande rien. Elle habite un immense appartement à Paris avec ses parents, pas très aimants ni très amoureux. Charlène souffre : elle est asthmatique, se sent incomprise, mal aimée. Avec l’entrée au collège commencent de longs mois difficiles, de solitude et d’attente. Jusqu’à l’arrivée de Sarah, brillante, magnétique. Une amitié naît, qui pour Charlène est un don inespéré de la vie, un émerveillement. Avant les petites déceptions, les souffrances, la passion, puis le désespoir.


Mon avis 

J’ai acheté ce livre car j’avais entendu parler du film de Mélanie Laurent et avant de le voir je voulais lire le livre. Et bien quelle claque ! Quand j’ai fermé ce roman qui parle du monde si particulier de l’adolescence en moins de 200pages j’ai ressenti comme une énorme boule dans l’estomac.

Ayant l’âge de la narratrice : Charlène, ce livre m’a semblé comme criant de vérité sur la cruauté de notre tranche d’âge et notre fragilité émotionnelle. Et il m’a en même temps déstabilisée puisque son auteure, Anne-Sophie Brasme l’a écrit  à 17 ans. A son jeune âge elle a réussi à transcrire avec une écriture juste, sincère et révélatrice d’une grande maturité « le mal-être de l’ado » .

Depuis qu’elle est enfant, Charlène est seule. Elle est bien sûr entourée d’un père et d’une mère mais, trop occupés par leur situation amoureuse, ils laissent au second plan leur fonction de parent. L’entrée au collège de Charlène ne fait qu’empirer son mal-être : passage de la puberté compliqué, peur d’être différent, peu d’amis… Si bien que lorsqu’elle rencontre Sarah en classe de cinquième c’est l’illumination.  Et commence la relation toxique.  Sarah, au charme irrésistible, représente pour l’adolescente sa drogue. Alors quand leur amitié se détériore, c’est la descente aux enfers pour Charlène. Sarah abuse d’un jeu malsain sur la fragile Charlène. Mais celle-ci reste accrochée à Sarah qui est une perverse narcissique, peut-être parce qu’elle espère retrouver la personne qui l’a sortie de la solitude. Bien que la relation amoureuse avec Maxime lui offre une porte de sortie, Charlène retombera sous l’emprise machiavélique de Sarah. A ce moment du livre j’ai compris que Charlène, déjà déséquilibrée depuis son enfance, ne s’en sortirai pas. Ce besoin d’être aimé devait être assouvi par Sarah et personne d’autre. 

Ce roman pose la question de cette période compliquée où l’adolescent est esseulé, et ce dans une indifférence de l’entourage qui se dit que «ça passera » . C’est à cette tranche d’âge où nos émotions sont décuplées et que nous sommes donc les plus vulnérables. L’attention d’une personne saine et aimante est vitale.  

Le livre a été adapté au cinéma par Mélanie Laurent et j’ai trouvé que le film, malgré quelques différences par rapport au livre-l’amitié ne dure qu’un an, la situation familiale de Sarah n’est pas la même, Charlène est intégrée- remuait les tripes autant que le livre et laisse le spectateur la gorge nouée.

En résumé, je vous conseille vivement ce livre, il fait partie de ceux qui vous marquent, vous bouleversent. Qu’il vous laisse perplexe ou résonne comme un écho, il ne vous laissera pas indifférent.

Petite citation extraite du livre

« Je ne comprenais pas le monde. Il m’apparaissait sous une étrange dimension ; je n’existais pas, il me semblait que tout ce que je pouvais voir et toucher, entendre et sentir, était sans consistance. Je vivais dans un univers de silence et de questions, d’abstraction, de jeux et de cris, de rires et de pleurs, d’éclats de joies et de lumières, mais je ne contrôlais rien. »

mercredi 25 mars 2015

Lecture n°11

Fun Home de Alison Bechdel paru aux éditions Points


Résumé 

Une petite ville de Pennsylvanie, un salon funéraire : le Fun home. Alison grandit dans ce cadre peu banal, entre secrets de famille et blessures cachées. Jusqu’à qu’elle découvre son homosexualité et en même temps celle du tyran charmant qu’est son père.
Cette plongée vertigineuse dans les non-dits d’une famille américaine est le prétexte à revisiter l’une des plus grandes révolutions du XXème siècle- celle des genres sexuels.








Mon avis

Si je fais un article sur une bande dessinée, c’est que je l’ai inévitablement connue grâce à une chronique de Pénélope Bagieu sur www.madmoizelle.com.  Je me suis laissée convaincre par son enthousiasme débordant et son argument fatal : « Fun home est ma nouvelle BD préférée de l’univers » !

Cependant j’ai un avis partagé sur cette BD. 

Ce que je n’ai pas aimé dans ce récit autobiographique c’est la complexité de cette relation père/fille. Alison Bechdel effectue une introspection sur elle-même, j’ai eu l’impression qu’elle racontait sa propre existence pour elle-même, comme une thérapie après l’accident ou suicide de son père. De plus je ne m’attendais pas à une narration aussi présente, l’on ne découvre pas l’histoire à travers les dialogues, ce qui à mon goût ralentit le rythme de la bande dessinée.

En revanche j’ai apprécié l’humilité d’Alison Bechdel qui met sa vie à nue sans complexe. Et sa vie qui est loin d’être des plus classiques est passionnante. D’ailleurs Alison Bechdel insiste beaucoup sur le passage de l’enfance à l’adolescence, période de grands changements où l’on se pose beaucoup de questions sur soi, sur ce qui nous entoure… Il est donc facile de s’y identifier.
Je suis frustrée par cet album car je ne pense pas avoir saisi son contenu notamment lors des allusions à Joyce, Fitzgerald, Henry James… Il fait partie de ces albums dont on ne saisit les subtilités qu’avec une certaine maturité, j’envisage une deuxième lecture dans quelques temps !


En bref, mon avis mitigé n’est pas à prendre comme un « non » à la lecture de fun home, les critiques étant très élogieuses à propos de cet album, il ne faut pas passer à côté !

dimanche 15 mars 2015

Lecture n°10

Concerto à la mémoire d'un ange, de Eric-Emmanuel Schmitt.


Le petit résumé dont ce livre est porteur :

Quel rapport entre une felle qui empoisonne ses maris successifs et un président de la République amoureux ? Quel lien entre un simple marin et un escroc international qui vend des bondieuseries usinées en Chine ? Par quel miracle une image de sainte Rita, patronnes des causes désespérées, devient-elle le guide mystérieux de leurs existences ? Quatre histoires liées entre elles. Quatre histoires qui traversent l’ordinaire et l’extraordinaire de toute vie. Quatre histoires qui creusent cette question : sommes-nous libres ou subissons-nous un destin ? Pouvons-nous changer ? Concerto à la mémoire d’un ange est suivi du Journal tenu par Eric-Emmanuel Schimitt durant l’écriture.


Une critique présente sur la quatrième de couverture :

Un recueil de nouvelles déroutantes et touchantes où les destins basculent pour le meilleur ou pour le pire. Humour souvent noir, accompagné d’une naïveté apparente le tout au service d’une réflexion originale.
Blaise de Chabalier, Le Figaro Littéraire.


Mon avis :

Une amie m’avait un jour parlé de son auteur préféré : Eric-Emmanuel Schmitt. Aussi, quand, quelques jours après, j’ai trouvé à ma librairie des livres de cet auteur, mon choix s’est porté sur Concerto à la mémoire d’un ange qui est en fait un recueil de nouvelles. Il en contient quatre. C’est le titre et la couverture qui m’ont vraiment donné envie de l’acheter, en tant que férue de musique je ne pouvais restée impassible devant ce violon et le mot "concerto", mon côté romantique a lui bien aimé le mot "ange" et le résumé au dos du bouquin a fini par me convaincre de le prendre...

Ce livre est plein de paradoxes. On assiste en spectateur à quatre histoires très différentes mais qui se rejoignent sur certains points. Les personnages principaux de chaque nouvelles eux-mêmes sont à la fois diamétralement opposés et se ressemblent pourtant. L’amour, sous toutes ses formes est au centre de ces nouvelles qui nous font réfléchir sur beaucoup de sujet comme l’amitié, l’avenir, la foi… Celle qui porte le titre de l’ouvrage est celle qui m’a le plus plu à titre personnel mais l'auteur dans toutes écrit avec une telle sensibilité qu'il nous est difficile de n'être pas traversés par toutes les émotions des personnages. Ce sont de petites perles qu’il faut lire ensemble pour bien les comprendre, en tissant des liens entre elles. 

Si je devais résumer ce recueil en deux mots ça serait : vrai et touchant.

M.

Lecture n°9

Le Flûtiste invisible de Philippe Labro paru aux éditions folio. 


Résumé

"Sur un paquebot qui va vers l’Amérique, un jeune homme rencontre une femme qui lui fait perdre toute innocence.                                                                            

Dans un bistrot, un inconnu vient me dire : « je vous ai eu dans ma ligne de mire, en Algérie. » C’est parce qu’il avait froid, dans une briqueterie en Hongrie, que mon voisin, quand il était enfant, a échappé à Auschwitz.                                                              
Par trois fois, le « flûtiste invisible » qu’on peut appeler le hasard-ou la main de Dieu-, fait basculer des existences. Pourquoi ? C’est toute la question de ce roman."







Mon avis 

Ce livre rassemble « trois histoires du passé- elle ne semble n’avoir aucun rapport les unes avec les autres mais elles reliées par le même fil, tissées par une puissance obscure, au son de la même musique mystérieuse que joue le flûtiste invisible ». Cette  phrase extraite du livre le résume à merveille.                                                                                                                                                                  
Philippe Labro commence son livre par une citation d’Einstein sur le hasard, chose extérieure à nous et donc, incontrôlable qu’il va imager avec le flûtiste invisible. Ceci va être le fil rouge du livre.  En partant de « l’élément inconnu » de chaque histoire, l’auteur transporte son lecteur dans trois époques différentes avec une écriture fluide et agréable à lire.

J’ai beaucoup aimé ces trois nouvelles, elles sont tellement différentes et uniques à leur manière qu’on ne peut les comparer mais celle qui m’a le plus séduite est la deuxième « la ligne de mire ». Je me suis toujours demandée ce qui se passait dans la tête des tireurs/soldats, et cette nouvelle permet d’être dans celle d’un, du moins d’entrevoir sa pensée lorsqu’il appuie sur la détente et de revenir sur l’épisode traumatisant de la guerre d’Algérie. J’ai d’autant plus accroché à cette nouvelle car le personnage de Rick semblait réaliste, on parvenait facilement à s’en faire une image de par sa manière de parler, son attitude, sa description physique et son parcours… Tous ces éléments le rendent attachant.

Pour ce qui est du style d’écriture, Philippe Labro témoigne du fait qu’il est encore possible aujourd’hui d’écrire simplement même avec un vocabulaire élaboré. De plus qu’il agrémente son récit de plusieurs citations allant d’Emily Dickinson, à Saint-Exupéry, Balzac, Alexandre Dumas… Tous ces auteurs apportant leurs propres réponses à propos de « l’élément inconnu ». Vous ne résisterez pas en notez quelques unes, croyez-moi ! Ces citations ont leur importance dans le livre, elles invitent  le lecteur à une réflexion personnelle : l’élément inconnu a-t-il été présent dans ma vie ? Cependant peu de personnes veulent reconnaître qu'ils doivent beaucoup à la chance, ça fait peur de constater quelque chose sans notre contrôle.


En bref, j’ai énormément apprécié ce livre et je pense qu’il peut plaire au plus grand nombre, c’est un sujet qui plait et intéresse puisque nous sommes tous concernés. Je vous le conseille vivement ! 

E.

lundi 23 février 2015

Lecture n°8

Alors Voilà de Baptiste Beaulieu paru aux éditions Fayard.



<i>Alors voilà, </i>de Baptiste Beaulieu.
Résumé

« Un jeune couple arrive aux urgences. Elle a des douleurs au bas-ventre. L'interne s'interroge sur la possibilité d'une grossesse. Elle ne prend pas sa pilule de manière très sérieuse. « Du coup, quand elle l'oublie, c'est moi qui la prends », dit son compagnon.
Voilà le récit au quotidien d'un interne en médecine. Il fait des allers-retours entre son poste aux urgences et les soins palliatifs. Là, pendant sept jours, il décrit à une patiente en stade terminal ce qui se passe sous les blouses et dans les couloirs. Pour la garder en vie le temps que son fils, bloqué dans un aéroport, puisse la rejoindre. Se nourrissant de situations vécues par lui ou par ses collègues, chirurgiens ou aides-soignants, Baptiste Beaulieu passe l'hôpital au scanner. Il peint les chefs autoritaires, les infirmières au grand cœur, les internes gaffeurs, les consultations qui s'enchaînent... »




Une critique

« une pépite d’humanité. L’incroyable quotidien de l’hôpital. C’est drolatique, pathétique, tragique. » Le Monde


Mon avis

 « une pépite d’humanité » colle tout à fait à ce livre. Quelle claque !  C’est le genre de livre qui nous remet les pendules à l’heure, nous qui avons tendance à facilement nous morfondre sur notre propre sort et qui nous ouvre les yeux sur un beau métier plein d’humilité et d’humanité. Alors Voilà est issu du blog de Baptiste Beaulieu où il raconte ses anecdotes de son quotidien aux urgences.

Nous voilà plongés dans le cœur des urgences, juste le temps de 7jours, juste le temps de 320 pages… Et Baptiste Beaulieu est notre guide à travers ses anecdotes croustillantes, drôles, tristes, drôles ET tristes…partagées par tout le corps médical : infirmier, aide-soignante, co-interne, chirurgien chef etc.
On se surprend facilement à sourire, et même rire à ces anecdotes comme un homme qui justifie la présence d’un stylo dans son pénis en précisant  « oui, docteur mais c’est un stylo ergonomique », ou à être choqué lorsqu’un adolescent ivre mort ne se rend même pas compte de son état d’ébriété, ou à être triste, prêt à verser une larme lorsqu’après une tentative de suicide, une adolescente de 17ans est irrécupérable et décède. Bref, on vit.
Ce livre est une fenêtre sur la vraie vie, il nous insuffle la vie. Il est aussi une ode à ce métier, Baptiste Beaulieu accompagné de ses collèges témoignent d’une réelle passion pour leur profession et cet amour du métier peut, je pense, être révélateur de vocation, alors quoi de plus beau ?
J’ai énormément apprécié l’humour de Baptiste Beaulieu, suffisamment dosé pour intervenir au beau moment. On se rend compte que l’humour est une soupape et s’avère indispensable dans ce métier où vie et mort se croisent.  

En bref, ce livre ne laisse pas indifférent, il vous touche et, bien que ce ne soit pas le but, vous donne une leçon sur ce qu’est la vie, la vraie. Comme précisé sur le blog c’est « un journal de soignés/soignants réconciliés » .
Croyez-moi après avoir lu ce livre vous ne poserez plus le même regard sur les urgences, si l’attente vous semble bien trop longue repensez à cet aperçu des coulisses!

Pour suivre et lire plus d’anecdotes de Baptiste Beaulieu et ses collègues, ça se passe ici sur son blog !

E.

mercredi 18 février 2015

Lecture n°7

Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay par aux éditions livre de poche.



Elle s'appelait Sarah par De RosnayRésumé: 

"Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l'étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l'abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible.
Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vel d"Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais."

Mon avis:  

Et oui encore un livre sur la seconde guerre mondiale: le troisième depuis l'ouverture de notre blog. Mais alors que Les enfants de la liberté de Marc Levy porte sur la Résistance Française et Le joueur d'échec de Stefan Zweig sur les méthodes d'emprisonnement perverses des nazis, Elle s'appelait Sarah traite de la shoah qui a tuée des millions de juifs à travers toute l'Europe.

Ce roman est à double narration, nous suivons l'histoire de Sarah, livrée à son propre sort sous l'occupation nazie et l'histoire de Julia Jarmond, une journaliste américaine de 45 ans vivant à Paris et qui s'intéresse au sort des enfants juifs sous l'occupation. 
Les passages où l'on suit le parcours de Sarah dans cette guerre de l'extermination sont très poignants et émouvants. L'auteure fait appel à notre sensibilité, notamment lors de la description des camps d'enfants. La double narration, en mélangeant passé/présent nous rappelle que cette guerre a encore un impact dans le présent (à travers les itw que mènent Julia). 
L'écriture de Tatiana de Rosnay se lit très facilement, est accessible. Les mots pour décrire certaines situations sont justes, et touchent. L'auteure parvient à capter le lecteur car on a envie de connaître le sort de Sarah, le sombre secret que garde la belle-famille de Sarah... Cependant une fois le mystère dévoilé j'ai trouvé que la fin traînait en longueur, je n'ai pas compris l'intérêt de continuer aussi longtemps. 

A travers les drames que vient Sarah, Tatiana de Rosnay appuie à plusieurs reprises sur la culpabilité de l'Etat français lors de rafle du vel d'hiv et la déportation vers les camps de la mort. Bien sûr j'ai trouvé important de rappeler cette culpabilité qui n'a été malheureusement avouée/assumée il y a peu d'année (1995), cependant son discours était parfois, à mon avis manichéen, d'un côté les méchants et de l'autre les gentils. Je pense qu'il était important de signaler la forte pression nazie, le contexte très difficile pour tous. J'ai trouvé à certains passages les condamnations dures et le regard trop extérieure aux faits. Le message est néanmoins très important et met tout le monde d'accord: il ne faut jamais oublier. C'est un rappel de l'importance du devoir de mémoire. 

En bref, j'ai beaucoup aimé ce roman du point de vue romanesque mais un peu moins sur le fond. 

E.

mercredi 11 février 2015

Lecture n°6

Nos Etoiles Contraires de John Green.



Résumé :

« C’est l’histoire d’une fille qui a le cancer, qui rencontre un gars qui avait le cancer. C’est génial ! » (Une lectrice)

(Je crois qu’il n’y a pas de meilleur résumé que celui-ci)

L’avis d’un autre auteur (dont je vous reparlerai plus tard) :

« Un roman sur la vie, la mort et les gens qui se retrouvent coincés entre les deux. Nos étoiles contraires, c’est John Green au sommet de son art. On rit, on pleure et on en redemande. »
Markus Zusak

Mon avis personnel :

Avant d’aller voir le film, j’espère que vous êtes allé acheter ce bouquin dans votre librairie parce que ça serait dommage de manquer le talent de cet écrivain… J’adore la vision de ses personnages sur la vie, la mort, la maladie, l’amour… Ils sont à la fois complexes et attachants. C’est ce premier qualificatif qui m’a un peu manqué dans le film, je l’avoue. Je me suis dit que c’était un film américain et que pour qu’il touche plus de monde on a simplifié le passé et les sentiments des personnages mais aussi que c’était un truc que peut-être il n’y aurait pas eu dans un film français parce qu’on aime bien les êtres torturés psychologiquement.


Ce qui impressionnant, pour revenir au livre, c’est justement d’installer une telle intrigue, avec des personnages avec de tels passifs, tout en ne négligeant pas leur vie présente, en si peu de pages et avec des phrases aussi simple. J’insiste sur le mot simple car c’est vrai : les phrases sont plutôt courtes sans mots de vocabulaire extraordinaires à chaque lignes (les mots que vous trouverez les plus compliqués sont ceux utilisé pour parler des traitements contre le cancer) ; cependant elles sont d’une telle justesse ! L’auteur n’en fait jamais trop, ou pas assez d’ailleurs, de ce fait à la fin on est facilement bouleversé et on sortirait presque les mouchoirs. Enfin bref, si vous ne connaissez pas l’histoire courez la lire avant de regarder le film. Ceci dit ne passez pas outre le talent des deux acteurs principaux du film qui est très joliment réalisé et dont les images sont personnellement en raccord avec celles que j’avais imaginées en regardant le film ! 

M.

dimanche 1 février 2015

Lecture n°5

Max Winson Tome 1: la tyrannie de Jérémie Moreau, paru en 2014 chez les éditions Delcourt.



Résumé :

"Max Winson n'a jamais perdu un match de tennis de sa vie. Adulé par la foule, il n'est pourtant pas celui qu'on croit. Grande carcasse mélancolique à l'allure de Pierrot, il n'est que le produit d'une enfance volée par des entraînements inhumains, le pantin d'un père tyrannique. Quand ce dernier devient trop faible pour le coacher, la liberté s'offre à lui avec son cortège de paradoxes existentiels..."

Mon avis :

J’ai connu cette bande dessinée par l’intermédiaire de Pénélope Bagieu qui fait ses chroniques sur http://www.madmoizelle.com/Bien que ses chroniques sont toujours très convaincantes, celle-là m’a vraiment séduite, et j’ai craqué ! Et je ne regrette pas du tout puisque Max Winson est un coup de cœur !

Cette bande dessinée nous plonge dans le monde si particulier de la compétition sportive : le tennis. 

On y découvre un personnage qu’on peut considérer de « blasé » par son succès, porté par un enthousiasme démesuré de la foule sous les feux de la célébrité, et les ordres d’un père intransigeant qui a soif de victoires. C’est lors d’une interview avec une journaliste pleine de mordant qu’intervient l’élément déclencheur de l’histoire « Max Winson, quand on pulvérise année après année ses adversaires, vous arrive-t-il de vous sentir coupable ? ». A partir de là et suite à plusieurs rencontres Max prend conscience qu’il n’y a pas que la victoire qui compte, il s’ouvre alors au monde et comprend que son sport représente aussi des enjeux.

Cette bande dessinée m’a fait penser au Petit Prince car elle a plusieurs lectures. On peut la lire plusieurs fois et saisir à chaque fois une interprétation différente. Jérémie Moreau a écrit un genre de fable moderne, et plusieurs questions viennent à l’esprit : pourquoi est-il si important de battre les autres ? Et si on se laissait perdre, qu’est-ce que cela changerait ?
En ce qui concerne le dessin de Jérémie Moreau, je ne connais pas suffisamment l’univers de la bande dessinée pour en juger mais le noir et blanc ne m’a pas du tout dérangée, au contraire il permettait de faire ressortir les traits du visage des personnages, leurs attitudes. Son coup de crayon donne l’impression d’être léger et fin, ce qui est, je trouve, superbe.


Ce premier tome donne vraiment envie de découvrir la suite; l’échange et les autres albums de ce jeune dessinateur plein de talent.

E.

vendredi 23 janvier 2015

Lecture n°4

Le labyrinthe de James Dashner, paru en 2012 aux éditions Pocket Jeunesse.


Résumé :

"Thomas, dont la mémoire a été effacée, se réveille un jour dans un nouveau monde où vivent une cinquantaine d'enfants. Il s'agit d'une ferme située au centre d'un labyrinthe peuplé de monstres d'acier terrifiants. 
Les ados n'ont aucun souvenir de leur vie passée et ne comprennent pas ce qu'ils font là. Ils n'ont qu'un seul désir, trouver la sortie. Pour ce faire, les coureurs, parcourent chaque jour le labyrinthe pour en dresser les plans – des plans qui changent sans cesse, puisque les murs se déplacent chaque nuit. 

Le risque est grand mais, dès son arrivée, Thomas a une impression de déjà-vu, il sait qu'il veut être coureur et résoudre l'énigme du labyrinthe. "

Mon avis :

Et oui je n'ai pas pu y résister ! J'ai suivi l'engouement qu'a produit le film... Bien que je n'aime pas connaître le livre avant le film (Twilight, Hunger games, Divergente...) c'est ce que j'ai fait ! 
Et toi là, devant ton ordinateur qui se demande si lire le livre en vaut vraiment la peine, et bien je vais essayer de te répondre en toute objectivité.
Autant le dire d'emblée, j'ai été un peu déçue par cette dioptrie. Je m'attendais à un nouveau genre d'Hunger Games, il faut avouer que la situation est pratiquement semblable: des jeunes livrés à eux-mêmes et où chaque risque peut les mener à la mort. Je l'ai donc de suite comparé à Hunger Games et la différence est au niveau de l'intrigue. Dans le livre de Dasneer je ne la trouve pas assez poussée, et l’enchaînement des événements, qui est à mon goût un peu trop lent sur certaines étapes, sur la réflexion des personnages....
Cependant, je dois dire que l'auteur sait capter son public, l'on veut savoir comment et pourquoi vont-ils arriver à se sortir du labyrinthe, pourquoi les a-t-on enfermés, pourquoi sont-ils tous amnésiques... ce qui fait que les 400 pages se tournent très vite. Le livre a donc un côté un addictif avec ses personnages attachants et son suspens parfois insoutenable ! Une fois ouvert, vous ne pourrez plus le lâcher !

Ce livre s'adresse plutôt à un public de jeunes adolescents à partir de 14 ans, mais il n'exclut pas de le lire à tout âge. Alors si vous voulez vous détendre et passer un bon moment lisez le, cependant ne vous attendez pas au nouveau Hunger Games. 

E.

jeudi 15 janvier 2015

Lecture n°3

Les enfants de la liberté de Marc Levy, paru en 2007 aux éditions Robert Laffont.

Résumé :

On est tous l'étranger de quelqu'un.

" Jeannot, tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains. "

Une petite critique :

"Les Enfants de la liberté, est un roman souvent émouvant, parfois drôle, écrit avec une simplicité qui n'est pas de la naïveté, car ces enfants trop vite jetés dans une réalité d'adulte effrayante avaient perdu leur naïveté. C'est un récit au premier degré, témoignant, sans réinventer à ces jeunes héros une psychologie, de leur courage, de leur inconscience parfois, et de cet instinct de vie qui les fait tenir."

Le Monde

Mon avis :

Ce livre, dont vous avez déjà tous sans doute dû entendre parler, m'a beaucoup touché... La forme tout d'abord, les phrases sont souvent courtes mais tellement porteuses de sens... A travers les lignes, on ressent toutes les émotions que l'auteur a voulu mêler. L'histoire est bien construite, le début de Raymond dans la Résistance avec son frère et puis dès que l'histoire commence à tourner en rond vient la partie deux très dure et la troisième qui pour finir vous touche jusqu'au fond de l'âme. La fin est sublime, il reste toujours un espoir, on pourrait tirer mille et une morales de cette histoire. Le plus frappant au fond c'est que le livre est en fait la description de ce que fut la vie du père de Marc Levy pendant la Seconde Guerre mondiale, et surtout que ce n'est pas le seul à garder de tels souvenirs dans sa mémoire. Je résumerai le tout en disant que c'est un livre que chacun devrait avoir chez soi, une Bible dédiée non pas à Dieu mais à l'Homme et à la Liberté...

M.

dimanche 11 janvier 2015

Hommage à l'humour sans peur...

Margaux et moi ne pouvions pas ne pas faire d'article sur le drame qui touche la France entière depuis mercredi 7 janvier à 11h30. Il serait inutile de faire de longues phrases, concentrons nous sur "l'après" qui appelle à nous unir, vivons ensemble, n'ayons pas peur et revendiquons notre liberté, si précieuse.
NOUS SOMMES TOUS CHARLIE.




« Peut-on rire de tout ?
Peut-on rire avec tout le monde ?
A la première question, je répondrai oui sans hésiter. S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? 
Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants, boursoufflés de leur importance, qui vivent à cent à l‘heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout à coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux PDG, la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui as cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, tandis que les droits de l’hommes s’effacent devant les droits de l’asticot. Alors : quelle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide, poil aux rides ? »

Pierre Desproges


Voici une très belle chanson née dans la nuit du 7 au 8 janvier 2015, nous vous laissons la découvrir...




E. & M.